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Visite de la fondation Jérome Seydoux-Pathé

Visite organisée par L’AAFI à la fondation Pathé, 73 avenue des Gobelins. Paris. Jeudi 7 Novembre de 15h à 18 h.

Nous étions une petite dizaine de l’AAFI et, de l’avis de tous, cet après-midi passé dans la fondation Pathé nous a charmé. Rien ne fait plus plaisir que d’être accueilli par des professionnels qui ont consciences de s’adresser à des profes­sion­nels. Pendant une heure, et c’était passionnant, madame Anne Gourdet Maris nous a détaillé avec talent le matériel exposé dans la salle des caméras et projecteurs, l’histoire des techniques de prises de vues, et l’évolution des formats. 

De la rarissime et très complète camera Lumière servant à la fois à la prise de vue, de laboratoire de dévelop­pe­ment, et de pro­jec­tion, jusqu’aux tentatives de formats aban­don­nés (9,5mm). Bien sûr, cer­taines inventions bizar­roïdes (4.5mm) n’ont pas eu de lendemain. Mais d’autres (les bobines avec film inté­grées,) préfigurent à leur manières désuètes les outils de communications d’aujourd’hui. 

La carac­té­ris­tique de la firme Pathé c’est d’avoir été autant à l’écoute des professionnels que des cinéastes familiaux. Pathé a conçu et mis à disposition des outils permettant à l’un et à l’autre de faire des images animées. 

Place ensuite au cinéma avec 45 minutes de projection de films muets dans une salle à gradins confortables, avec accompagnement musical sur un piano à queue. Là encore, la fondation fait preuve d’originalité puisque l’accom­pagne­ment est improvisé à chaque fois, à chaque séance, quelque soit le film. Ce qui donne l’impression oubliée d’être, au cinéma, devant un spectacle vivant. Nous avions ce jour-là, Emmanuel Birbaum qui nous a régalé par son imagination et sa maitrise de l’accompagnement.

Présentés par madame Elvira Shamiri les sept films projetés (le programme change chaque semaine) donnent un bon panorama de la deuxième période (1906-1914) du cinéma dit primitif. Films de divertissement, d’attractions, de franche rigolade et de poursuites, mais on y remar­que également la beauté des cadres, la construction d’un récit, la perception bien rendue d’une frontière devenant perméable entre le réel et la force des images du cinéma. Un des courts métrages présente une étonnante histoire de méprise entre deux formes de réalité (un film projeté sur un rideau de sa chambre donne l’illusion a une dormeuse qu’elle assite à un meurtre) nous sommes bien là au cinéma.  Un autre film nous montre Max Linder dirigé par Louis Gasnier, alors débutant. Gasnier y dévoile les prémices de ce qu’il va réaliser huit ans plus tard dans le New Jersey avec le succès phénoménal de ses premiers films à épisodes : « Les Mystères de New-York » en 1914.  

Madame Elvira Shamiri a ensuite répondu courtoisement à nos questions sur le développement de la fondation, l’espace réservé aux chercheurs, les partitions musicales. Nous avons vu ensuite un documentaire sur le projet architectural et la construction de la Fondation Pathé au cœur d’un ensemble d’immeuble posant d’innombrables contraintes. Nous avons pour finir, visité le dernier étage et la salle de documentation pour les chercheurs et amateurs, deux pièces lumineuses et audacieuses et l’exposition temporaire sur les grandes explorations.

Bref, une excellente après-midi à déambuler dans l’histoire du cinéma. 

A bientôt.