Thomas Fecchio, scénariste et écrivain, passé par le département production
AUDIOVISUEL et LITTERATURE

Thomas Fecchio, scénariste et écrivain, passé par le département production

Au sortir de l’IDHEC ou de la Fémis, on ne travaille pas toujours, ou pas seulement, dans le domaine étudié. Parfois on ne travaille même pas du tout dans le cinéma, ou on a une seconde activité en dehors. Plusieurs anciens ont d’autres métiers artistiques : photographes, écrivains… Nous nous sommes demandés, pour ceux qui ont publié des livres de fictions, quels rapports il peut y avoir entre leur cursus dans l’école et leur écriture.

Après l’interview d’Aurélien Manya, monteur et écrivain, et celle d’Olivier Demangel, auteur de deux romans et scénariste, celle de Perrine Rouillon, auteure de La Petite Personne, voici celle de Thomas Fecchio, auteur d’un roman policier, scénariste et ancien de la promo 2006 de la Fémis en production.

« Je voulais que ce roman soit un scénario mis en images par des mots. »  

  • Quelles études as-tu faites et comment es-tu arrivé à la Fémis ? Dans quelle promo étais-tu ? Quels étaient tes projets professionnels quand tu y étudiais ? 

J’ai fait des études de Biologie à Reims puis de Cinéma à Paris 3. J’étais dans la 17èmepromotion en section production. Mon projet était de travailler à l’écriture d’histoires et à leur transposition sur grand écran en accompagnant les auteurs.

  • Quelle est ton activité professionnelle principale aujourd’hui ?

Scénariste. Je travaille sur un épisode de la nouvelle saison de la serie Candice Renoir diffusée sur France 2 et sur des projets d’unitaires policiers pour France 3. Et bien entendu… je suis disponible pour celles et ceux qui cherchent une plume trempée dans l’encre noire. 

  • Quand as-tu commencé à écrire ?

Depuis mon plus jeune âge, j’ai en revanche mis beaucoup de temps à me lancer.

  • Et à quel moment t’est venue l’idée de publier ?

Dans une période de doute où plusieurs projets sur lesquels je travaillais se sont arrêtés. J’ai eu envie de me lancer dans quelque chose auquel je mettrais moi-même le point final sans dépendre des autres, d’où l’écriture d’un roman. Une fois le livre fini, je me suis dit « Maintenant que tu en es là, ce serait dommage de ne rien en faire ».  

  • Est-ce que ça a été simple ? Compliqué ?

Assez compliqué. Peu importe leurs tailles, les maisons d’éditions sont submergées de manuscrits. Il faut plusieurs semaines pour avoir une réponse, ensuite il y a souvent des demandes de réécriture et on a le sentiment que tout peut s’arrêter très vite au moindre désaccord. Finalement, je n’y ai vraiment cru qu’en tenant le livre entre mes mains. Ecrire un roman prend des mois, le faire éditer aussi.   

  • Combien de livres as-tu écrit/publiés ?

Deux livres écrits, un publié : Je suis innocent ; le second en recherche d’éditeur depuis quelques semaines.

  • Est-ce que tu dirais que tes études à la Fémis ont influé sur ton écriture ? Dans les sujets abordés ? La manière de construire un texte ? Par des choses que t’auraient dit certains intervenants durant tes études ?

Je pense que l’approche du scénario que j’ai connu à la Fémis a beaucoup influé sur moi. De même pour la réflexion autour de la construction et de la structuration des récits. Ce que j’en ai retenu au final, ce sont les outils pour travailler et analyser les textes. Ces instruments peuvent servir aussi bien avec un roman qu’avec un scénario.

D’une manière plus subtile, la pratique et l’observation du montage cinématographique ont énormément influé sur moi. A partir du moment où on réécrit ou restructure un roman, on est dans quelque chose qui s’apparente à du montage. A la Fémis et plus tard en travaillant à la production de documentaires, j’ai vu comment le film pouvait se raconter d’une autre manière au montage. Il m’arrive ainsi souvent de déplacer des segments de textes en ayant en tête l’idée de tester un « montage » différent du roman.     

  • Et ta pratique en tant que scénariste / réalisateur / technicien, est-ce qu’elle influe aussi sur ce que tu écris ?

Plusieurs critiques de polars ont trouvé que le livre avait un style « très visuel ». Dans Je suis innocent, on suit deux personnages en étant dans le point de vue de chacun des deux, ce qui a aussi donné à plusieurs lecteurs un sentiment de montage alterné. Cela m’a beaucoup touché parce que c’était mon but. Je voulais que ce roman soit un scénario mis en images par des mots.  

  • Est-ce que ton travail d’écrivain influe, à l’inverse, sur ta manière de travailler en tant que scénariste/réalisateur /technicien ?

Oui. Pour écrire un livre, je me suis mis devant mon ordinateur et j’ai écrit tous les jours. Maintenant, je fais ça aussi pour les scénarios.  

  • À l’avenir, comment souhaites-tu continuer professionnellement ? Est-ce que tu aimerais uniquement écrire ? Ou surtout travailler dans le cinéma ou l’audio-visuel ?

Pour continuer à proposer des choses intéressantes, il faut sans cesse être à l’affut de nouvelles découvertes … Je ne me vois donc pas « uniquement écrire ».

J’ai envie de participer à de nouveaux projets, de faire de belles rencontres donc pour l’avenir ma ligne de conduite est de garder une attitude ouverte.

  • Est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ?

J’ai l’impression d’avoir trop parlé !

Propos recueillis par Sonia Bogdanovsky.