Sarah Turoche-Dromery, monteuse et auteure de livres jeunesse
AUDIOVISUEL et LITTERATURE

Sarah Turoche-Dromery, monteuse et auteure de livres jeunesse

Quand on sort de l’IDHEC ou de la Fémis, on ne travaille pas toujours, ou pas seulement, dans le domaine qu’on a étudié. Parfois on ne travaille même pas du tout dans le cinéma, ou on a une seconde activité en dehors. 

Plusieurs anciens ont d’autres métiers artistiques : photographes, écrivains… On s’est demandé, pour ceux qui ont publié des livres de fictions, quels rapports il peut y avoir entre leur cursus dans l’école et leur écriture. Est-ce qu’avoir fait une école de cinéma aide à écrire de la fiction ? À l’écrire différemment ? 
Et être l’auteur de livres, est-ce que ça change la façon dont on travaille sur des images et des sons ? De ces questions sont nés une petite série d’interviews d’anciens élèves sur ce thème. Voici l’interview de Sarah Turoche-Dromery, ancienne de La Fémis (promo 1998, montage), chef-monteuse, auteure de neuf livres jeunesse, principalement publiés aux Éditions Thiery Magnier.

« Dans le fond, il s’agit toujours de raconter des histoires ? »
Sarah Turoche-Dromery, monteuse et auteure de livres  jeunesse

Sarah Turoche-Dromery

Quelles études as-tu faites et comment es-tu arrivée à la Fémis/l’IDHEC ? Dans quelle promo étais-tu ? Quels étaient tes projets professionnels quand tu y étudiais ?

J’ai commencé par des études Lettres Modernes à la Sorbonne. J’ai suivi ce cursus par goût et aussi parce qu’il fallait un DEUG pour passer le concours de la Femis. L’année de la licence, j’ai passé le concours en section montage. J’étais dans la 9èmepromo.

Mes projets professionnels n’étaient qu’un : monter des films !

Quelle est ton activité professionnelle principale aujourd’hui ?

Mon activité principale est le montage, que ce soit pour des fictions ou des documentaires. Je travaille aussi ponctuellement comme formatrice.

Quand as-tu commencé à écrire ? Et à quel moment t’est venue l’idée de publier ? Est-ce que ça a été simple ? Compliqué ?

J’ai commencé à écrire un peu sérieusement en 2008-2009. J’ai rencontré une ancienne éditrice qui a lu mes premiers textes et qui m’a fait travailler. Lorsque j’ai écrit Une voleuse au maxi-racket elle m’a conseillé d’envoyer le texte aux éditions Thierry Magnier. Quelques jours après, l’éditrice des romans m’a appelée. Le texte lui plaisait mais elle voulait savoir si j’étais d’accord pour retravailler le texte afin qu’il réponde aux contraintes de la collection. Après ce premier petit roman, l’éditrice m’a poussé à continuer et à proposer d’autres textes.

Combien de livres as-tu écrit ?

Neuf livres ont été publiés. Huit aux éditions Thierry Magnier et un pour J’aime Lire. D’autres ont été abandonnés ou sont en cours d’écriture. Tous pour la jeunesse. 

Est-ce que tu dirais que tes études à la Fémis ou à l’IDHEC ont influé sur ton écriture ? Dans les sujets abordés ? La manière de construire un texte ? Par des choses que t’auraient dit certains intervenants durant tes études ? 

Je ne sais pas si ce sont mes études ou mon métier de monteuse mais il est évident que le montage influence mon écriture. Je « vois » et « entends » très bien ce que j’écris ; j’accorde une grande importance aux détails visuels et sonores ; j’ai un découpage en tête ; j’aime les dialogues et les ellipses !

Et ta pratique en tant que technicienne, est-ce qu’elle influe aussi sur ce que tu écris ?

Oui quand il faut réécrire ou couper. Je suis habituée à ce qu’une personne me fasse des retours, à les écouter et à reprendre, recommencer, chercher d’autres solutions. Je sais aussi qu’il y a de bons lecteurs comme il y a de bons spectateurs pour un travail en cours. 

Est-ce que ton travail d’écrivain influe, à l’inverse, sur ta manière de travailler en tant que technicienne ?

Sans doute sur l’écriture de commentaires en documentaires ou pour la lecture des scénarios en fiction. Cela m’a aussi permis d’acquérir plus d’autonomie. 

À l’avenir, comment souhaites-tu continuer professionnellement ? Est-ce que tu aimerais uniquement écrire ? Ou surtout travailler dans le cinéma ou l’audio-visuel ?

J’aimerais continuer les deux en parallèle. 

J’aime toujours autant travailler avec des réalisateurs, entrer dans leur univers le temps d’un film et cela d’autant plus qu’entre deux projets, je crée quelque chose à moi, en solo. Je pense qu’on peut avoir deux activités sans être dans l’obligation d’en préférer ou d’en choisir une. Surtout que dans le fond, il s’agit toujours de raconter des histoires ?

Est-ce que tu souhaites ajouter quelque chose ?

De manière générale, j’évite de parler de mon activité d’écriture avec les réalisateurs ou les productions. Je garde les deux univers séparés. Car je sais que ce n’est pas toujours compris. 

Propos recueillis par Sonia Bogdanovsky